Ateliers collectifs

 

Descriptif et propos

“Les Ateliers Collectifs” [الورشات الجماعية] de Dar Bellarj sont pensés comme une école alternative, un espace de transmission, d’expérimentation et de production d’idées, de savoirs et de contenus, qui s’inspire des formes de transmission traditionnelles tout en expérimentant des modalités de traduction de celles-ci à travers des nouveaux langages, dont ceux propres aux arts contemporaines. Les Ateliers Collectifs sont destinés à un public large, dont en particulier les enfants, les adolescents et les Mamans de la Médina de Marrakech.

C
 

Étalés sur toute l’année, quand certains ateliers fusionnent les participants, d’autres sont plus ciblés. Ils se proposent sous forme de groupes de travail, à la fois de réflexion, de partage de la parole, mais aussi de production d’idées, d’objets et de visions autour de thèmes précis. En dialogue avec les propos de la fondation, dans ses diverses programmations (telles que Marrakech : Lieux évanescents ; Archéologie de l’intime etc) et du programme partenaire Qanat, les ateliers s’inspirent des expositions proposés par Dar Bellarj, mais aussi, plus généralement, des problématiques qui touchent la ville, les mouvements d’idées, d’artistes et des tendances qui traversent Marrakech, et des fractures culturelles, sociales, politico-économiques et environnementales qui se font de plus en plus profondes. 

En tant que commissaires basées dans la ville de Marrakech, nous nous intéressons à l’exploration du patrimoine ancestrale de Marrakech porté tout d’abord par ses habitants (en particuliers ceux qui habitent et animent la médina), et aux possibilités de garder et retraduire cette mémoire vivante et les principes que ce patrimoine sous-tend dans notre société actuelle pour refonder une vision plus solidaire, et des nouveaux espaces du commun. Pour re-soudre les fractures qui traversent la ville, nous souhaitons soutenir les langages traditionnels avec des langages contemporains, portés par des artistes et des penseurs marocains et étrangers. Les ateliers sont donc imaginés comme des espaces soignés et d'écoute réciproque, capables de produire une nouvelle grammaire hybride qui, née de l'échange entre les participants et les intervenants, soit capable de se faire porteuse des mémoires, désirs et visions sur la ville. 

En raison des éléments exposés, ces ateliers sont conçus comme des propositions dynamiques, dans un rapport de réciprocité avec les participants quel que soit leur tranche d’âge. Il s’agit dans la proposition globale, d’expérimenter et de réinventer ensemble avec les participants et les artistes invités à chaque fois l’objet de l’atelier et sa portée tout en allant plus loin dans l’exploration des questions globales que chaque axe souhaite poser. 

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Approche générale

La programmation des Ateliers Collectifs se fonde sur l’identification de deux espaces de fracture et de changement aujourd’hui, responsables des déséquilibres dans la distribution d'opportunités d'accès et d’appropriation qui traversent la ville : l’espace (immatériel) des connaissances, des savoirs et des cultures, et celui (plus matériel) des lieux et des sources de vie. 

Par conséquent, les Ateliers se déploient en ateliers théorico-pratiques pour permettre aux participants d’acquérir des outils de réflexion, de lecture et de réécriture critique de l’art, du cinéma, des formes de transmission des savoirs, mais aussi des dynamiques sociales et urbaines. Ceci se fera via des échanges et partage de notions sur l’histoire de l’art et du cinéma, sur la sociologie de l’art, mais aussi sur des théories culturelles, politico-économiques et écologiques, via, entre autres, des immersions littéraires, d’écriture critique et poétique, des visites dans des espaces culturels/lieux d’art et des explorations dans l’espace urbain. 

L’axe réflexif et discursif est complémenté par des ateliers avec une dimension plus pratique, via l’intervention d’artistes locaux et internationaux, invités à déployer leurs outils et méthodologies avec les participants autours de thèmes liés aux axes de la programmation de Dar Bellarj, et notamment les identités et transformations de la ville de Marrakech. Via cet axe, l’intention est de favoriser un processus de réappropriation visuelle, sonore et corporelle des espaces urbains et communs de la ville, de créer une chorale de voix et de projections sur le passé, le présent et le futur de Marrakech. 

L'accumulation de ces expériences pourra produire un manifeste pour la ville, fait par ses habitants, qui pourrait trouver une première formalisation dans une programmation publique, et en espace public, imaginée pour le mois de Juin 2020, qui se pense porte-parole des récits de la communauté de Dar Bellarj souhaite mettre en avant dans une année 2020 qui voit Marrakech Capitale Africaine de la Culture.

 

Grands axes thematiques
et methodologiques

_ Savoirs, patrimoine, transmission, mémoire

_ Ville, espace public, espaces et biens communs

_ Écriture et analyse (critique d’art, de cinema, sociologique, fictionnelle, journalistique)

_ Cartographies, derives, capsules sonores, performance, photographie, installation/sculpture

Macro-themes des ateliers

_ Art : Analyser, repenser et se réapproprier des savoirs, des langages et des espaces artistiques et culturels de la ville ; interpréter et raconter des oeuvres, des expositions

_ Cinema : Prendre connaissance de l’histoire du cinéma du Maroc et de la region ; regarder et discuter ensemble des films

_ Archive et espaces de mémoire : Repenser des nouvelles formes d’archives, des formes de narration d’histoires à partir d’outils tels que les nouveaux médias et le digital, mais aussi l'écriture et le storytelling

_ Ville : Retracer, renarrer, repenser et réinvestir les lieux communs et du commun, de solidarité ainsi que les pratiques de résistance qui s’opposent à leur disparition dans la ville, pour formuler des nouveaux imaginaires.

Musique/chant sPartenariat avec le projet Qanat et l’espace culturel LE 18oufi

L’envie partagée par Dar Bellarj d’une part et par l’espace culturel LE 18 de l’autre, de relayer leurs communautés, s’est concrétisée à partir du début 2019 sous forme d’un partenariat, ou plutôt d’une vision, liaison et alliance pour ouvrir le projet QANAT aux voix de Dar Bellarj.

QANAT est un projet collectif de recherche curatoriale et d'expérimentation artistique qui à partir de recherches sur les politiques, les poétiques de l’eau et de ses mémoires à Marrakech en particulier et au Maroc plus en general, explore plus globalement la place du commun et des biens communs dans nos sociétés. QANAT trouve sa source d’inspiration dans le système historique des khettarat, un rhizome complexe de galeries et de puits, de lignes et de cercles entremêlés, fondateur de la ville de Marrakech et de ses cultures hydrauliques, et incarnation d’un contrat social collectif de coopération intra et extra urbain en voie de disparition.

A travers la participation croisée de chercheurs, artistes et communautés de citoyens, QANAT aspire à réactiver de la mémoire de l’eau incarnée par le système des khettaras tout d’abord d’un point de vue symbolique. Il s’agit de réfléchir, re-narrer et se réapproprier des espaces du commun en voie de disparition, transformation, commodification, privatisation, a partir de ce que le système des khettaras nous apprend : la possibilité d’instaurer un pacte social, écologique et finalement politico-économique reliant les différents quartiers de la ville, ainsi que la ville elle même et son ‘arrière-pays’. Le projet souhaite incarner le système de khettarat aussi dans sa méthodologie collaborative, horizontale, multi-disciplinaire et , en se faisant série de lignes en intersection, réseau de conduits et multiplicité de cercles (ou de halqa) à travers lesquels les récits de mémoires, de désirs et d’imaginaires des habitants puissent trouver un espace de circulation et une place de formalisation.

 

Close-up II
Atelier féministe de création sonore et d’histoire de l’art

Intervenante : Randa Maroufi

Période : Mars 2022

Musique/Solfège

Comment un tableau célèbre de l’histoire d’art occidental du 19ème siècle est interprété par des femmes marocaines?

Close-up est un dispositif participatif qui invite différentes personnes du réseau de l’artiste (amis, famille, artistes, …) à décrire ou commenter la peinture « l’origine du monde » de Gustave Courbet via des échanges de messages vocaux sur une application de messagerie instantanée.

De cette manière, l’artiste tente d’ouvrir une discussion autour de l’art en dehors de son contexte, avec des personnes qui ne sont parfois pas familières avec son histoire.

Close-up est surtout un moyen de parler de la chose intime et de sa représentation. 

L’artiste propose de mener un atelier à travers le même dispositif de l’installation autour de l'œuvre de courbet à l’attention des mamans douées de Dar Bellarj.

Ana machi Ana
(Je ne suis pas moi)

Atelier d’autoportraits documentaire poétiques

Intervenante : Fatima Matousse 

Période : Mai 2022

Concept :

Réalisatrice documentaire dont le travail se focalise sur les récits marginaux et dont le premier film qui a été projeté dans plusieurs festivals à l’international est un récit familiale à la première personne, Fatima Matousse va amener les mamans à se raconter via le cinéma documentaire au-delà de comment elles se voient ou les autres les identifient en utilisant un langage cinématographique poétique.

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